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Interview

Kassim Lassissi (SK 2016), présente Allëdjo, du prêt à porter qui s'inspire des cultures du monde

25 mars 2020

Diplômé SKEMA 2016, Kassim Lassissi a créé sa marque de prêt-à-porter, Allëdjo. Installé à Paris, il s'inspire de sa culture africaine et assouvit ses passions de voyage et de mode.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours depuis votre sortie de SKEMA ?

Tout est encore bien présent dans mes souvenirs, c’est comme si c’était hier ! Je suis sorti avec un stage au sein d'une société dans les médias à Paris. Après cette expérience dans le salariat, j’ai finalement décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat. C'est quelque chose que je n’aurai jamais imaginé auparavant. En 2018, la marque Allëdjo a été lancée. 

Comment est née la marque Allëdjo ?

Après avoir fait le bilan de toutes mes expériences professionnelles et personnelles, mes échecs et mes réussites, mes points forts et mes points faibles, j'ai conclu que je ne pouvais uniquement travailler que par passion et que ma difficulté à me motiver pour le monde de l'entreprise venait de là. Mes passions étant le voyage et la mode, j'ai trouvé un moyen de les assembler et la marque a vu le jour.  

Pourquoi Allëdjo (le nom) ?

Allëdjo signifie nomade, voyageur en Yoruba, la langue maternelle de ma mère. Je voulais montrer le coté nomade de la marque, une marque toujours en mouvement. « Les gens vivent, vont et viennent ». Nous sommes ici pour célébrer les cultures du monde.

Quel est son concept ?

Chaque collection correspond à une destination. La destination se reflète à travers le choix des imprimés. Tout ce qui représente une destination, la faune, la flore, les couleurs… Et la mission est de célébrer les cultures du monde tout en mettant en valeur la main d’œuvre africaine. En effet, les collections sont produites en Afrique, aujourd'hui au Sénégal. Les canaux de distribution privilégiés sont l'e-commerce et des pop-up stores que j'organise plusieurs fois par an dans différentes villes (Paris, Abidjan, Mykonos).

Aujourd’hui, où en est la marque ? Quels sont vos projets ?

La marque est encore de taille modeste. Elle avance lentement mais sûrement, avec beaucoup de retours positifs de la part des acheteurs qui apprécient le message mais aussi la créativité des modèles et la qualité des matières. Aujourd’hui, notre objectif est de développer la communication pour mieux nous faire connaître. Sur le long terme, l'ambition est de développer une usine de production sur le continent africain avec de très fortes valeurs éthiques.  

Qu’est-ce que votre formation à SKEMA vous apporte concrètement dans Allëdjo ?

A SKEMA, j’ai suivi un master « MSc International Marketing and Business Development ». Cela m’a permis d’acquérir des compétences telles que : mettre en place un business plan, avoir une vision sur l'approche client et l'international. Mes clients peuvent se trouver partout dans le monde, et je sais comment communiquer avec eux.

Qui sont vos plus grands modèles et sources d’inspiration, et pourquoi ?

Je n’ai pas de grands modèles, ni de source d’inspiration en particulier. Je voyage beaucoup ce qui me nourrit et m’influence, notamment dans le rapport que j'ai aux couleurs et à la lumière. Ma motivation est aussi de créer ce que je ne trouve pas ailleurs. 

Pouvez-vous nous présenter brièvement vos collections ?

Depuis le début du lancement de la marque, nous avons lancé 4 collections. Le mot collection n’est d’ailleurs pas adéquat, je dirais « Drops » ou « release » ou « Tracks ». Le terme exact n’a pas encore identifié mais il est en cours. D’ailleurs la créativité est toujours en mouvement. Nous avons une destination par an, dont « 2 drops » qui s’y déclinent. Nos pièces sont des chemises et des ensembles imprimés, colorés, décontractés et fluides. Les vêtements Allëdjo sont unisexes. Ils s’adressent aux hommes et aux femmes qui revendiquent une certaine originalité. Des hommes qui cherchent une alternative à la chemise blanche, des femmes qui piochent dans le placard de l’homme moderne.

D’où vous est venue l’inspiration ? 

Mes collections sont rythmées par mes voyages. Il faut que les destinations m’inspirent et que les lieux m’aient marqué. Mon but est donc de retranscrire l’essence de mes voyages à travers mes créations. Tout d’abord, je travaille à partir des énergies que je reçois des villes que j’arpente. J’ai besoin d’être en totale symbiose avec la ville et m’imprégner pleinement de la culture locale. Je me documente et parcours tous les recoins de la ville. Je travaille ensuite à partir de « moodboards », composés exclusivement de photos prises par mes soins. Puis, j’effectue des recherches complémentaires sur Internet, dans les archives et la presse pour peaufiner l'esprit de la collection. 

Quelle est votre pièce favorite dans votre collection ?

Je les porterai toutes. Mais je dirais que pour chaque saison, j’ai toujours une pièce phare. Cette saison, c’est la SEGG SET, un ensemble à motif marron à l’allure de Félin. Et d’ailleurs elle est épuisée !

Quel est le message derrière votre marque ?

Il est très simple : célébrer les cultures du monde tout en mettant en valeur la main d’œuvre africaine.  

Quelle est votre signature ?

Le voyage, l’imprimé, la soie, la légèreté…

Comment voulez-vous que les gens se sentent en portant vos créations ?

Porter nos vêtements, c’est une pause dans la vie de tous les jours. Une évasion de la routine, une évasion des difficultés… Vers un état serein et paisible. Avant même d'être beaux, nos vêtements sont incroyablement agréables à porter. Ils caressent la peau et bougent avec fluidité.

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

Donner une vision plus positive de l’Afrique et contribuer à son développement en bâtissant une usine de production là-bas. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant voulant devenir créateur de mode/styliste ?

Je n’ai pas encore atteint mes objectifs, et je ne me sens pas encore prêt à donner des conseils. Mais je dirais : être passionné, passionné, passionné et avoir la fibre commerciale (où trouver quelqu’un qui l’ait) afin d'être accompagné. Car le but est aussi d’en vivre ! 


Pour en savoir plus, visitez 
Allëdjo ou contactez Kassim Lassissi

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