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Interview

Thierry Schilt (SKEMA 2004), une expatriation réussie dans la finance à New York

07 janvier 2022

Après avoir étudié à SKEMA Business School et exercé une dizaine d’années dans la finance en France, Thierry Schilt fait le choix de s’expatrier aux États-Unis. Aujourd’hui auditeur interne pour BNP Paribas à New York, il revient sur son expérience académique, sur les grandes étapes de sa carrière et sur les challenges et succès de son expatriation.

 

Quel a été votre parcours académique et pourquoi avoir choisi d’intégrer SKEMA Business School?

Après un bac scientifique à Strasbourg, j'ai enchaîné avec deux années en classe préparatoire aux écoles de commerce.

J’ai ensuite intégré le Programme Grande École de SKEMA Business School, suivi d’un master en Management avec une spécialisation en finance d’entreprise, sur le campus de Sophia Antipolis, près de Nice.

J’ai beaucoup aimé le fait que ce campus dispose de sa propre salle de marché, car c’était assez rare à l’époque. L’école offrait aussi la possibilité de réaliser une année en alternance, de préparer des doubles diplômes à l’étranger… La portée internationale de l’école a d’ailleurs été l’une des raisons qui ont motivé mon choix.

THIERRY SCHILT - LINKEDIN


Quels aspects de votre formation vous ont le plus marqué ?

Ce dont je me rappelle avant tout, ce sont les rencontres avec les autres étudiants et la diversité de nationalités et de langues… 20 ans plus tard, je suis toujours en contact avec plusieurs camarades de promo ! 

Un autre point qui m’a beaucoup plu, c’est que 80 % de mes cours étaient en anglais. Cela m'a permis de grandement améliorer ma maîtrise de la langue, ce qui m'a ensuite énormément servi dans ma carrière.

Enfin, j’ai beaucoup apprécié ma dernière année en alternance, pendant laquelle je travaillais, 2 jours par semaine, au service de comptabilité de la Chambre de commerce et d'industrie de Nice.

Cela m’a permis de mettre un pied dans le monde du travail très rapidement et de mettre en pratique ce que j’avais appris en cours. J'ai vraiment beaucoup appris pendant cette année. Une fois sur le marché de l’emploi, cette expérience a d’ailleurs été très valorisée par les employeurs. 

  

Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours professionnel à la suite de cette formation?

À l'issue de cette année d'alternance, j’ai intégré le groupe Caisse d'Épargne en tant que risk manager pendant 7 ans, puis en tant qu’inspecteur et chef de mission d’audit interne pendant 6 ans.

En 2018, après avoir rencontré ma femme lors d’un voyage à New York, j'ai décidé de démissionner et j'ai engagé des démarches d'immigration pour les États-Unis (ma femme étant Américaine). Une fois arrivé à New York, il m'a fallu attendre environ 6 mois pour obtenir les autorisations de travail.

Tout de suite après, j'ai accepté une offre d'emploi pour travailler dans une banque japonaise, toujours dans les métiers de l'audit interne. 

J’ai ensuite été démarché par le groupe BNP et je travaille aujourd’hui comme auditeur interne sur le marché des capitaux pour l’inspection générale de BNP Paribas, l'équipe qui audite toutes les activités de marché pour l'Amérique du Nord.

 

En quoi consiste votre activité professionnelle actuelle ?

Ma mission se concentre avant tout sur l'audit des équipes de Sales (les vendeurs) et les traders et sur l'ensemble des produits que peut offrir la banque (crédits, actions, devises, matières premières, etc.). Je me charge aussi de l’audit des fonctions administratives associées, en back office (les équipes Opérations ; les équipes en charge du suivi des risques, etc.). 

Le métier d'auditeur regroupe en fait des missions très variées, avec beaucoup de travail en équipe. C’est aussi une fonction qui expose au top management de l'entreprise, ce qui peut être à double tranchant : si vous faites mal votre travail, vous ne ferez pas long feu, mais si vous le faites bien, cela peut vous ouvrir des portes vers d'autres fonctions.

C’est un métier qui permet de contribuer à l'amélioration de l'entreprise. On se charge, par exemple, de vérifier que les règles et procédures définies sont bien respectées. On réalise aussi un plan d'audit annuel et on identifie, auprès des équipes, ce qui fonctionne bien ou au contraire ce qui ne marche pas, puis l’on rédige ensuite des préconisations sur les points d'amélioration et les potentiels risques à anticiper.

 

 

Quels ont été les grands challenges et sources de satisfaction rencontrés lors de votre expatriation aux États-Unis, sur le plan personnel et professionnel ?

Je pense que la réussite de mon expatriation est avant tout liée à ma bonne maîtrise de la langue, à mon bagage académique et à ma riche expérience professionnelle. À New York, mes compétences en finance étaient facilement transférables, car cette ville est un hub financier reconnu mondialement.

J’ai toutefois rencontré certains challenges. 

Par exemple, le processus de recrutement ici est très différent de ce que l’on connaît en France. Aux États-Unis, l’authenticité du CV et les références sont vérifiées, et le CV ne doit contenir aucune source de potentielle discrimination (ni photo, ni âge…). 

Une autre différence majeure qui m’a frappé, c’est qu’il n’y a pas vraiment de sécurité de l'emploi ici. En France, on regarde le diplôme, on demande un Bac+5, dans telle ou telle école… Alors qu’ici, l’employeur est prêt à prendre beaucoup plus de risques à l'embauche. En revanche, la période de préavis avant un départ est de 15 jours seulement, et non de 3 mois voire 6 mois comme en France. Le marché de l’emploi est donc beaucoup plus fluide et les gens changent plus souvent de travail qu'en France.

Pour trouver un emploi aux États-Unis, le networking et le réseautage sont essentiels. Avant d'arriver, j'avais contacté des personnes qui travaillaient dans le secteur de la finance à New York et j'ai assisté à tous les événements organisés par SKEMA Alumni dans la ville. Lors de ces afterworks, j’ai pu rencontrer beaucoup d’anciens, d’étudiants et d’entreprises françaises basées ici. J’ai pu expliquer mon projet, transmettre mon CV, échanger des cartes de visite…

Un autre challenge a été de constater la différence en termes de coût de la vie. Par rapport aux villes françaises de province où je travaillais avant, tout est environ 2 fois voire 2,5 fois plus cher, que ce soit les courses alimentaires, les frais de santé…Il ne faut donc pas se réjouir trop vite quand on voit que son salaire est élevé par rapport à la France car la vie sur place y est résolument plus chère.

Par ailleurs, je m’attendais à vivre un choc culturel à mon arrivée, mais l'adaptation a en fait été très rapide car la ville est très cosmopolite. À New York, il y a près de 200 nationalités représentées et 50 % des gens ne parlent pas anglais chez eux !

En termes de sources de satisfaction, j'avoue beaucoup apprécier le fait de ne plus avoir à porter de cravate dans un environnement corporate ! Tout est plus décontracté ici.

J'apprécie tous les jours la vie ici et j'ai vraiment l'impression d'avoir fait le bon choix. C'était donc un pari réussi selon moi ! 

 

Quelles sont, selon vous, les qualités requises pour exercer dans la finance ?

Comme je le disais, la langue est un aspect très important. La langue de travail dans la finance est l'anglais, que ce soit dans une banque à Paris, à Singapour ou à Francfort.

Il faut aussi s’intéresser à l'économie, aux marchés financiers, se tenir au courant des évolutions réglementaires, technologiques et connaître le fonctionnement des différents produits financiers. 

Il y a vraiment une multitude de métiers dans la finance, avec des subtilités propres à chacun, mais globalement, il faut savoir que la charge de travail est quand même assez importante et que les heures de travail sont assez longues.

Dans le métier d’auditeur, les outils d'analyse de données et la maîtrise de certains langages de programmation sont un grand atout. Ce sont des compétences très recherchées.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés qui souhaitent construire une carrière dans la finance, notamment à l’international ?

Je pense que l’expatriation est un excellent choix, et qu’il ne faut pas hésiter à sortir de sa zone de confort. Je conseillerais tout d’abord de se concentrer sur l'apprentissage des langues étrangères, et notamment de l’anglais, qui est incontournable.

Il ne faut pas hésiter à profiter des dispositifs mis en place, tels que le VIE (le volontariat international en entreprise), qui permet d'exercer des missions rémunérées dans des entreprises françaises à l'étranger. C’est assez compétitif, mais cela permet de réaliser une première expérience professionnelle à l’étranger et de se voir confier des vraies responsabilités. 

Une autre option est d’intégrer un grand groupe en France. Après 1 ou 2 ans d’ancienneté, vous pourrez postuler, en interne, à des postes à l’international. L’avantage, c’est que vous serez accompagné par votre employeur dans toutes les démarches d’immigration. Je vois énormément d’alumni qui ont suivi ce parcours, c’est réellement accessible à tous.

Je pense aussi qu’il est aussi important d’actionner les bons réseaux et de contacter des anciens élèves de son école. Pour l’avoir fait moi-même, je peux affirmer que les alumni sont toujours prêts à aider !

D’autre part, il existe, dans le domaine de la finance, des programmes spécifiques appelés « Summer Analyst ». Cela permet à des jeunes diplômés de réaliser un stage d’été dans une banque d'investissement à l’étranger. En revanche, le processus de recrutement est assez long, donc il faut s’y prendre longtemps à l’avance. Ces stages peuvent déboucher sur une embauche et il est ensuite possible de gravir très rapidement les échelons. C'est vraiment la voie royale pour intégrer le monde de la finance et construire une carrière internationale.

 

Contact : Thierry SchiltCapital Markets Internal Auditor - Vice President chez BNP Paribas

Propos recueillis par lepetitjournal.com pour SKEMA Alumni 

 

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